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Les outils d’évaluation diagnostique spécifiques à l’autisme

Différents outils d’évaluation existent, qui permettent de définir le profil comportemental de la personne, et de relever de façon objective et standardisée la nature et l’intensité des caractéristiques autistiques.

  • A.D.I.-R : Autism Diagnostic Interview, version Révisée (Lord et al.,1994 )

 L’ADI-R est un questionnaire appliqué au cours d’un entretien avec les parents.
Celui-ci dure de 2 à 3 heures et vise à recueillir des informations sur l’anamnèse et le comportement actuel de la personne. Cet outil permet de distinguer l’autisme du retard mental et des troubles spécifiques du langage. Dans une démarche diagnostique, il est recommandé de l’utiliser en association avec l’ADOS-G.
  • ADOS : Autism Diagnostic Observation Scale (Lord et al., 1989)

 L’ADOS se base sur l’observation de l’enfant dans différentes situations de jeu, et permet de recueillir des éléments relatifs aux critères diagnostiques des troubles du spectre autistique. Il existe différents modules selon le niveau de langage et de développement de la personne.
  • C.A.R.S. : Children Autism Rating Scale (Schopler, 1980)

 La C.A.R.S. est une échelle diagnostique permettant d’apprécier le degré de sévérité des troubles autistiques (léger, modéré, sévère) chez des enfants (à partir de 2 ans), des adolescents et des adultes. 

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Elle est complétée à partir de l’observation de la personne dans son quotidien et porte sur 14 domaines habituellement perturbées à des niveaux variables dans l’autisme ainsi que sur l’appréciation subjective de l’examinateur quant au degré d’intensité de l’autisme.
Chaque item est noté de 1 à 4 en fonction de l’intensité du trouble repéré.
Le total des scores obtenus donne une indication de l’intensité du trouble autistique.

Les outils de dépistage

Par ailleurs, des outils de dépistage ont été construits afin de repérer les jeunes enfants présentant un risque d’autisme et de permettre la mise en place d’une prise en charge précoce, selon les recommandations de la HAS. 


  • La CHAT (Check-list for autism in Toddlers)
apparaît actuellement comme l’instrument le plus pertinent.
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Elle comporte 9 questions aux parents et 5 items d’observation de l’enfant.
Le risque d’autisme présenté par un enfant est établi sur la base de ses échecs à 5 items clés :
manque de jeu symbolique, de pointage proto-déclaratif, d’attention conjointe, d’intérêt social et de jeu social.

  • La M-CHAT (Modified-Check-list for autism in Toddlers), adaptation de la CHAT, est un auto-questionnaire en 23 items destiné aux parents d’enfants âgés de 16 à 30 mois.
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Les six items les plus discriminants pour le repérage du risque d’autisme sont des signes négatifs qui concernent l’attention conjointe (utilise le pointage proto-déclaratif, regarde un objet qui lui est montré à l’autre bout de la pièce, apporte et montre des objets à l’adulte), les relations sociales (intérêt pour d’autres enfants et imitation) et la communication (réaction de l’enfant quand on l’appelle).

Les outils d’évaluation développementale

Ils permettent d’établir le profil développemental de la personne (forces, faiblesses, émergences) nécessaires à l’élaboration d’un projet thérapeutique individualisé.

Des outils adaptés à la population d’enfants présentant des troubles autistiques ont été construits, qui permettent d’évaluer le développement cognitif et socio-émotionnel.

  • La BECS – Batterie d’Evaluation du développement Cognitif et Socio-émotionnel (Adrien, 2007) – est un test validé de développement psychologique qui a été mis au point spécifiquement pour : L’évaluation du développement d’enfants atteints de troubles envahissants du développement, ou de retard de développement, et dont le niveau global de développement se situe dans la période des deux premières années. L’élaboration de projet individualisé de prise en charge .
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La BECS permet l’évaluation de plusieurs fonctions cognitives et sociales des enfants. Elle comprend seize domaines regroupés dans deux grands secteurs :
le secteur cognitif (sept domaines) et le secteur Socio-émotionnel (9 domaines).
Chacun des domaines se compose d’un minimum de 8 items hiérarchisés en niveaux :
niveau 1 (4-8 mois) ; niveau 2 (8-12 mois) ; niveau 3 (12-18 mois) ; niveau 4 (18-24 mois).
Le secteur cognitif comprend des activités cognitives dont le contenu est de nature perceptive et qui s’appuient sur des schèmes sensori-moteurs ou représentatifs et leur coordination.
Le secteur socio-émotionnel concerne les conduites et les activités cognitives dont le contenu est plus particulièrement social et émotionnel.

  • Le profil psycho-éducatif – troisième édition (PEP-3, Schopler) a été conçu afin d’évaluer les forces et faiblesses d’apprentissage caractéristiques des troubles du développement, notamment des troubles du spectre autistique.
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Il fournit des informations sur les niveaux de compétences développementales, ainsi que des informations utiles au diagnostic et à la précision du degré de sévérité. Pour en savoir plus
Pour chaque domaine, les compétences sont cotées en réussite, émergence ou échec.
La cotation en réussite signifie que l’enfant a réussi la tâche sans aucune aide de la part de l’adulte, ou adopte le comportement évalué de manière systématique et spontanée.
La cotation en émergence signifie que l’enfant a réussi la tâche après démonstration par l’adulte, ou avec l’aide de celui-ci ; ou qu’il présente le comportement de manière variable ou incomplète.
Enfin, la cotation en échec signifie que l’enfant n’a pas pu réaliser la tâche, même avec l’aide de l’adulte, ou ne présente jamais le comportement évalué.

En fonction des possibilités de l’enfant, notamment au niveau des capacités langagières et attentionnelles, des outils d’évaluations tels que la WPPSI-3, le WISC-IV, les EDEI-R ou le K-ABC, peuvent être également utilisés.

  • L’échelle de Vineland permet de mesurer les comportements socio-adaptatifs de la personne, en examinant spécifiquement les domaines de la socialisation, de la communication, des aptitudes de la vie quotidienne et de la motricité. Cet outil permet de montrer de manière très pragmatique les capacités de la personne, et de mettre en évidence les domaines qui peuvent faire l’objet plus particulièrement d’un travail.

Les outils d’évaluation fonctionnelle

Enfin, des outils permettent d’évaluer les compétences de l’enfant, dans différents domaines, afin de pouvoir établir un projet de prise en charge individualisé, et de suivre l’évolution de l’enfant.
Nous utilisons notamment :

  • L’ABLLS-R – Evaluation du Langage de Base et des Compétences d’Apprentissage (James Partington et Mark Sundberg, 1998) est un outil d’évaluation et de repérage des compétences pour aider à la mise en place de programmes d’apprentissage auprès de personnes présentant un trouble du développement.
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L’ABLLS-R a été créé afin d’évaluer les compétences d’apprentissage et les compétences de langage des personnes ayant un retard de langage, et n’est pas spécifique à l’autisme.
L’analyse des compétences de langage des personnes évaluées est effectuée selon l’approche fonctionnelle des comportements verbaux de Skinner (1957) et nécessite donc une connaissance approfondie de cette approche.
L’ABLLS-R évalue 544 comportements/items issus de 25 domaines tels que la coopération, l’efficacité des renforçateurs, l’imitation verbale, les dénominations (tacts), la réponse aux instructions de groupe, ou encore les compétences de motricité fine, de propreté etc.
Chaque domaine est divisé en différents items et pour chaque item, deux à cinq niveaux de réussite sont possibles.

  • Le VB-MAPP (Verbal Behavior – Milestones Assessment and Placement Program) est un outil d’évaluation récent (2008), développé par Mark L. Sundberg ; il est basé sur l’approche fonctionnelle des comportements verbaux proposée par Skinner. Il peut être proposé à toute personne présentant des troubles du langage, quels que soient son âge et son diagnostic.
Pour en savoir plus

Cet outil est divisé en plusieurs parties :

  • Evaluation des compétences de l’enfant, dans différents domaines tels que les demandes, le jeu, l’imitation, les performances visuelles, …
  • Evaluation des obstacles aux apprentissages, lesquels peuvent être par exemple les problèmes de généralisation, les difficultés de comportement, la dépendance aux renforçateurs, etc.
  • Evaluation des possibilités de transition vers le milieu ordinaire. Sont notamment évalués l’adaptation au changement, le suivi des routines de classe, la vitesse d’acquisition des compétences ou encore le travail en groupe.
  • Analyse fine des compétences. Cette évaluation permet notamment de suivre finement les avancées des enfants et de décider des programmes éducatifs à mettre en place.